Après de nombreux entretiens avec la commission chargée du Fair-Play financier à l’UEFA, Le Paris Saint-Germain attend maintenant la décision prise par cette instance. D’après les derniers échos obtenus la semaine passée à Lyon, lors de la réunion pour l’organisation de la Coupe du monde des clubs, celle-ci devrait intervenir à la mi-juin.

 

Neymar et Mbappe, deux énormes transferts

Cet été, le PSG frappait un énorme coup, en décidant de payer la clause libératoire de Neymar Jr. Ressenti comme un séisme, cela a entraîné le courroux de la fédération espagnole ainsi que des clubs historiques, voyant d’un mauvais œil qu’un « nouveau venu » puisse se permette de se montrer aussi « insolent ».

Comme si cela ne suffisait pas, le club de la capitale décidait d’en remettre une couche en chipant Mbappé au nez et à la barbe du Real Madrid et de Barcelone. Certains au club avaient pourtant affirmé à l’UEFA au mois d’août 2017 qu’ils ne recruteraient pas le monégasque. La goutte d’eau qui fera déborder le vase, pour l’instance de contrôle européenne qui a l’impression que le PSG ne lui accorde aucune importance. Depuis, le club subit les agissements et déclarations de grands clubs européens, qui tentent de faire pression sur l’UEFA pour que des sanctions soient prises.

Le PSG aura tout tenté

Comme nous l’évoquions dans notre livre, il y a toujours eu divergence de sensibilités au sein du club, entre ceux qui se montrent sereins comme Antero Henrique et ceux qui sont plutôt pessimistes comme Jean-Claude Blanc. Les dirigeants parisiens savent néanmoins qu’ils ne sont pas totalement à l’abri d’une éventuelle décision qui aurait pour but de satisfaire les grands clubs historiques. Malgré tout, l’UEFA sait qu’il ne peut se passer d’un club comme le PSG mais aussi risquer le désengagement du Qatar et de BeIN Sports du monde du football, avec les conséquences que cela entraînerait en pertes de droits TV notamment.

Les dirigeants de la capitale, de leur côté, n’ont pas ménagé leurs efforts, effectuant un énorme travail de lobbying auprès de l’UEFA, avec qui il sont en contact continu depuis des mois, et des différentes commissions européennes, avec le soucis de défendre leur cause, eux qui estiment ne pas enfreindre les règles instaurées. Des hommes politiques français ont même clairement pris position pour les parisiens. Ces derniers ont également tenté d’augmenter leurs sources de revenus comme le contrat signé avec l’agence chinoise de marketing sportif Desports. Si le PSG est en discussions avec TCL, Total, BNP Paribas, Petrobas ou encore Banco do Brasil, ils aimeraient officialiser plusieurs contrats de sponsoring avant le 30 juin. Le club va également mettre en place un certain nombre de contrats régionaux à compter de la saison prochaine, notamment en Inde, en Indonésie au Brésil, et au Moyen Orient. Parallèlement, le PSG a ouvert un bureau à Singapour, ou plus récemment aux Etats-Unis dans le but de promouvoir la marque à l’international.

La venue de Neymar a permis d’attirer de nombreux sponsors. Avec toujours ce soucis de les diversifier, l’UEFA reprochant principalement que de nombreuses ressources proviennent du Qatar (BeIN Sports, QNB, Ooredoo, ou QTA). Tout sponsor qui représente plus de 30% des revenus d’un club est considéré comme partie liée, selon les règles de l’UEFA.

Le PSG a multiplié les sponsors, amélioré sa situation par rapport à 2014, certains joueurs vont être vendus. En résumé, si cela n’est qu’une question d’équilibre des comptes, le club parisien ne se sent pas inquiété. Mais le problème se situe ailleurs. Le football européen avait réussi à trouver un système idéal pour lui. Le PSG est venu bouleversé cela, et on souhaite donc restreindre son influence. Après avoir décoté certains contrats en 2014, l’UEFA a mis en place un Fair-Play Financier 2.0 sous la pression des barons du Vieux continent (Bayern, Real, Juventus, FC Barcelone). La différence entre les achats et les dépenses de joueurs au cours d’une saison sera ainsi fixée à -100 millions d’euros,. En ce sens, il serait impossible pour le PSG plus de dépenser plus de 400 millions d’euros, comme l’été dernier.

Le PSG aurait alors beau s’adapter aux différentes réformes,cela n’empêchera jamais l’UEFA de les sanctionner, et c’est ce que le club craint actuellement.

Le club ne se laissera pas faire cette fois.

Le PSG s’estime cependant dans son droit. Contrairement à 2014, où le ils ne souhaitaient pas salir leur image, cette fois-ci les dirigeants ne comptent pas se laisser faire s’ils devaient être sanctionnés. Plusieurs ripostes sont ainsi envisagées, pouvant aller jusqu’à attaquer le Fair-Play financier devant les tribunaux. Cette action ne serait toutefois pas sans risques. D’une part la procédure s’avérerait longue et l’issue incertaine, d’autant plus qu’il n’est pas inimaginable que le PSG soit interdit de compétition jusqu’au verdict. D’autre part, certains sponsoring pourraient être requalifiés comme aide de l’état, et que le PSG se trouve donc dans l’obligation de les rembourser.

L’idée actuelle est donc plutôt de trouver une sorte d’arrangement qui satisferait les deux parties. Une sanction pour ne pas perdre totalement la face avec ses clubs historiques, mais sans se priver de ce nouveau poids lourd que représente le PSG (et surtout le Qatar).

Consciente des carences du premier acte de son Fair-Play Financier, l’UEFA a déjà tracé les contours de ce qui serait la version 2.0 qui vise toujours clairement à calmer les ardeurs de clubs comme le PSG. Souhaitant anticiper ces réformes qui pourraient les freiner dans leur stratégie de développement, les parisiens et plus particulièrement Antero Henrique, souhaitent se montrer actifs lors de ce mercato estival. L’arrivée de Buffon, sans avoir à payer d’indemnités, permet aussi d’économiser des liquidités sur le budget transfert, afin de renforcer d’autres postes.

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