Le cas Thomas Tuchel est le serpent de mer médiatique depuis une semaine, avec des informations parfois contradictoires mais aussi quelques vérités diffusées notamment ces dernières 24h par le service de presse du Paris Saint-Germain. Flashback sur une stratégie médiatique.

 

À la surprise générale, la semaine dernière Bild annonçait que le Bayern Munich refusait de le voir venir, et évoquait son désir de Paris comme sa recherche d’un adjoint pour l’y accompagner. Kicker envoyait lui l’ancien coach du BVB, du côté d’Arsenal, d’où son « nein » au champion allemand. Il n’en fallait pas tant pour lancer les spéculations inhérentes à tout mercato. Ça fait partie du jeu, mais essayons d’y voir plus clair.

 

Mais qui a donc refusé qui ?

 

C’est le coach qui a décliné la succession de Jupp Heynckes du côté de Munich. Alors même que son nom faisait l’unanimité au sein du club bavarois. Le natif de Krumbach avait pourtant reçu la validation conjointe de Uli Hoeness et Karl-Heinz Rummenigge, ce qui est suffisamment rare pour être relevé. La question est : pourquoi ce refus, alors qu’il est de notoriété publique qu’il était candidat au poste et en contact depuis des mois. Et l’une des réponses est qu’il y a eu entre le club et Thomas Tuchel des désaccords jugés irréconciliables par ce dernier sur les joueurs dont il souhaitait disposer.

 

Celui qui en premier a fait courir ce bruit qu’il signera à Paris, notamment aux dirigeants Munichois, n’est autre que Olaf Meinking. Cet avocat spécialisé est également le manager de personnalités allemandes du monde de la musique, de la télévision et du sport, en la personne de Thomas Tuchel. Meinking est aussi pour son protégé un coach mental, donc quelqu’un de très proche dont l’avis prévaut pour le candidat à la succession d’Unai Emery. Son poulain prend d’ailleurs des cours particuliers de français.  En réalité, le premier contact entre Paris et l’entourage du coach remonte de novembre et proviennent directement de Doha. Il semblerait que ce soit un membre de la fédération qatarie basé en Allemagne qui en soit l’auteur. Le nom de l’entraîneur allemand n’est pas sorti de nulle part dans la capitale de l’état gazier. Plusieurs, intervenants dont Xavi l’ont conseillé aux instances. La parole de l’ancien barcelonais y reçoit une grande attention, d’autant qu’on le verrait bien un jour devenir coach de Paris.

 

Pour autant si les négociations avec Paris sont réelles, et si Christian Wörns et Zsolt Löw sont evoqués pour y être son adjoint, cela n’exclut pas les contacts avec Chelsea. Et on l’a vu il s’en faut d’un rien pour faire capoter des tractations pourtant rondement menées depuis des semaines

 

L’initiative de Doha pose un certain nombre de questions

 

La première est qu’en est-il des pleins pouvoirs sportifs d’Antero Henrique ? Une chose est sûre, le directeur sportif n’a jamais évoqué avec son entourage ce nom comme celui d’un candidat potentiel (idem pour Nasser Al-Khelaïfi) . Sa marque de fabrique étant de ramener des hommes à lui. On se souvient que l’an dernier il avait mis sa démission dans la balance pour bloquer le transfert de Pierre-Emerick Aubameyang dont il ne voulait pas. Quand Doha demande de négocier, personne ne peut s’y soustraire. Néanmoins l’allemand est connu pour donner sa chance aux jeunes, cela n’est pas pour déplaire à Antero Henrique qui avait placé cette qualité parmi les critères les plus importants dans sa recherche du profil idéal.

 

Autre question, comment vont être gérées les garanties données à Neymar et son clan par Nasser Al-Khelaïfi  et Antero Henrique, lors de leur déplacement au Brésil ? Le Brésilien a déjà fait part à Marquinhos de son mécontentement à propos du président parisien, qui n’a pas respecté ses promesses vis à vis de Luis Enrique. Il faut savoir que Ney et son ancien coach sont en contact. Il pourrait donc véritablement prendre ombrage d’un nouveau refus, vu qu’aucun de ses desideratas n’a trouvé satisfaction depuis son arrivée. Est-ce donc pour cela que Jean-Martial Ribes a demandé au service de presse de faire fuiter l’info sur le coach allemand, aux trois grands médias sportifs, à des fins de préparer le terrain ?

 

Seule certitude, le cas Tuchel en particulier et celui du futur entraîneur parisien en général n’ont pas fini de revenir dans l’actualité médiatique du Paris Saint-Germain. Il est désormais le favori pour remplacer Unai Emery sur le banc parisien. Mais il est bon de garder à l’esprit que tout ceci est un jeu de pouvoir, d’influence, de manœuvres. Aussi tous les sons de cloches révèlent un fond de vérité. Celle d’un jour n’étant pas celle de toujours tant que rien n’est signé. Nous l’avons dit, et nous le redirons, une pôle n’a jamais garanti de remporter la course, pas plus que de prendre la tête tant que le drapeau à damier n’est pas agité. À suivre.

 

C.M

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