Il est un précepte essentiel qui dit : quand les gens disent une chose et en font une autre, c’est se mentir à soi-même que de ne pas écouter leurs actes.

 

 

Une équipe amorphe

La prestation des joueurs du club de la capitale en ce soir du 6 mars, est d’une éloquence insondable dont le club aurait tort de ne prendre la mesure, puisqu’il en est lui aussi responsable. Mais les acteurs du onze initial sont ceux qui envers et contre tout peuvent soulever des montagnes. Ils sont le dernier maillon d’une chaîne qui n’a d’autre raison d’exister que de leur permettre de performer. Ils sont les protagonistes d’une pièce, écrite pour eux et jouée par eux. Que la mise en scène soit somptueuse, partielle ou défaillante, au bout du compte tout repose sur leur qualité d’exécution, leur engagement, leur détermination à triompher c’est à dire à faire se soulever la foule venue les acclamer. Un match de football est une création unique, spontanée, qui n’existe que dans l’instant. C’est sans filet qu’il faut se lancer pour atteindre ses objectifs comme le sont les arts vivants, théâtre, concert, cirque…sans être pleinement conscient, impliqué, résolu, on ne peut livrer que des bribes de ce que l’on sait pourtant maitriser et souvent avec virtuosité dans le cas du PSG.

Il faut du courage, de la bravoure, de l’audace pour entrer en scène. Plus encore quand celle-ci s’élève, ce qui est le cas des soirées de Champions League. Des soirées de gala. De grandes premières renouvelées. Tous les plus beaux discours, sans une intime et profonde conviction, ne sont que des incitations qui sont au courage ce que les pétards sont aux feux d’artifices. Force est de constater que la conviction est ce qui a le plus fait défaut aux acteurs majeurs de ce triste spectacle. Sans les accabler, ni les excuser car nous ne sommes ni procureurs, ni avocats, il convient en ce lendemain de défaite, de les mettre eux en premiers devant leurs responsabilités. L’écart entre les déclarations d’intentions et les agissements ne ment pas. Il est indigne de l’engouement suscité par une équipe réunissant tant de talent pour exceller dans la compétition phare. La seule question valable est pourquoi cela arrive? Et dans un deuxième temps, comment y remédier ?

À qui la faute ?

On l’a dit, on le redit et on le rédira encore et encore, il y a au sein de ce club des personnes qui pour des raisons des diverses : intérêts pécuniaires, quête de pouvoir, affectivité exacerbée, etc,  dépassent leur fonction et/ou manque à leur responsabilité. Est-ce que cela a des répercussions sur les joueurs, leur mental et donc leur capacité à conquérir leur précieux, à savoir la LDC : oui, da, si, yes. Elle est là, la principale explication. Oui les paroles et les actes ne se suivent pas, ou pas assez, pas par tous et pas en même temps. Et pas par les bonnes personnes. Ça fait beaucoup pour un projet, qui n’a pas besoin de tant pour échouer.

Le Paris Saint Germain est gangrené, à tous les niveaux, par l’absence de convergence au service de sa seule réussite. Le leadership et l’incarnation du projet dans l’encadrement comme au sein du vestiaire reste à (re)construire. L’opulence de moyens déployée par QSI, ne saurait régler un problème qui est avant tout d’engagement d’hommes et de femmes au service d’un collectif. À tous les niveaux. De tous les instants. Les personnes ayant conscience de cela au club, ne sont que trop rares et de passage. Si Emery est au premier rang de ceux qui en prennent la pleine mesure, il n’a jamais trouvé la solution et a failli partir de lui-même plusieurs fois. Inutile de nous dire il aurait dû car rien n’aurait changé. Le Président aurait continué à cajoler ses joueurs aux caprices multiples sabordant l’autorité de son entraîneur, ce qui était déjà une des causes du départ d’Ancelotti. Le départ de grand saboteur du club devant l’éternel, a vu s’accroître la sphère d »influence du néo-dir com Jean-Martial Ribes qui s’est empressé de suivre ses traces en savonnant la planche d’Henrique / d’ Emery avec les mêmes méthodes et les mêmes complicités journalistiques autour de déjeuners à seules fins de dénigrer pour mieux régner. Contacter Carlo Ancelotti entre deux matchs de Ligue des champions n’est pas la fonction d’un Directeur de Communication, si ? Ajoutez à cela les largesses du Doc en matière de dispense tant d’entraînement que d’hygiène de vie.

7 ans après le début du projet, les bonnes questions ne sont toujours pas posées en interne, sciant par la même, la seule branche salutaire qui vaille : la remise en question. Les leçons ne peuvent donc pas être correctement et pleinement tirées. Devant tant d’immobilisme on en viendrait presque à se demander, si un autre effet pervers de cette situation n’est pas que les nouvelles recrues, de fait, n’apportent pas ce qu’elles devraient.

 

Il y a-t’il des raisons d’espérer?

Il y en a toujours, mêmes infimes dans la nuit la plus sombre. C’est l’essence même de la vie.

Si l’on a survécu à l’enfer de l’an passé, celui de cette année à des airs de purgatoire dont il nous reste à nous extraire, pour reprendre la marche vers la terre promise tant désirée. Cette claque, qui est un rendez-vous manqué, ne permet plus de se cacher. Encore moins aux joueurs.

En premier c’est à eux et entre eux qu’il appartient de se remettre en question. Le capitaine l’a fait dès la mi-temps :  » Putain ! Là on a dit, on met de l’impact et personne ne le fait. Ça sert à rien de retourner sur le terrain si c’est pour faire comme en première mi-temps, vous jouez comme si tout allait bien. On a dit qu’on allait mettre de l’impact, il n’y a aucun impact, vous jouez tous tranquillement. Oh, ils vous donneront aucun but, c’est à vous de marquer » Puis de renchérir « vous êtes content de la première mi-temps, je suis le seul à être énervé? » Motta approuve les propos du défenseur central et poursuit : « on ne marquera rien comme ça, il faut être plus agressif » Alves aussi demande de l’agressivité :  » il faut tout donner. Tous faire les efforts offensifs et défensifs dans les retours, ce n’est pas possible de laisser Benzema seul face au but. » Ce collectif doit se responsabiliser, car pour paraphraser le capitaine parisien, ce ne sert à  rien de retourner en LDC si c’est pour faire comme les saisons précédentes. Emery lui est déjà en train de s’effacer, échangeant avec ses adjoints. Il avait pourtant insisté dans l’avant match sur l’importance de mettre de l’impact dès les premières minutes, d’être terriblement agressif :  » montrez leur qu’il y a nous et le stade contre eux, qu’ils vont passer une soirée difficile. » Jetant ses dernières forces, il parle en aparté à Rabiot et Verratti, leur demandant de faire plus offensivement et défensivement. Chose rare, Draxler aussi prend la parole, pour motiver ses partenaires, ce qu’il constatera être vain.

En second, c’est au Président qu’il appartient de se remettre en question. Lui aussi est venu dans le vestiaire, avant le match, demandant à ses troupes, par une formule qu’il a trop éculée (?) de mourir sur le terrain. En pure perte, à trop leur dire qu’ils sont les meilleurs, comme il le fera encore à cette occasion, pourquoi auraient-ils besoin de mourir? Le diable se cache dans les détails,  Monsieur le Président et dans les contradictions. À trop caresser dans le sens du poil, il en finit par ne plus briller.

Enfin, c’est à la direction à Doha de se remettre en question. Peut elle encore et longtemps fermer les yeux sur des manquements qu’elle ne peut plus ignorer à défaut d’en être alors complice? Seul l’avenir nous dira si, cette nouvelle déconvenue sera celle porteuse des germes de la transformation?

Prémice annonciateur au changement Nasser Al-Khelaifi veut donner plus de pouvoir à Maxwell. Et cela s’inscrit dans une démarche voulue par le PSG de ramener au club des gloires passées.

À suivre.

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