Vieux, trop lent, souvent blessé … A entendre bon nombre d’observateurs, Thiago Motta, à 35 ans, n’aurait plus le niveau pour évoluer dans un club comme le PSG. Vraiment ? 


Très vite après son arrivée au PSG, lors du Mercato d’hiver 2012, Thiago Motta s’est rendu incontournable. Carlo Ancelotti ne jure que par lui, Laurent Blanc argue même qu’il est l’ADN de l’équipe. Ou plutôt l’ADN d’un système, le 4-3-3. Bref, sa qualité de passe, sa vision du jeu, son sens tactique et son expérience du très haut-niveau (2 victoires en Ligue des Champions tout de même) en font très vite un élément majeur de l’équipe.

Seulement, les années passent. Et la courbe de ses détracteurs grimpent au fil des saisons. Si le PSG ronronne au milieu, c’est de sa faute. Une sentinelle qui joue trop à « la baballe », et surtout qui ne va pas assez vite vers l’avant. Pis. Pour certains, sa complicité avec Verratti, son partenaire privilégié, s’avère néfaste. Heureusement, les spécialistes en sont persuadés :  avec l’arrivée d’Unai Emery, un coach adepte du jeu vertical, Motta disparaîtra du 11 type. Que nenni ! L‘Italien a tout simplement été l’un des joueurs les plus utilisés la saison dernière, en disputant notamment 30 rencontres en Ligue 1.


Alors que lui trouve donc l’entraîneur espagnol ?  

1 –
 Tout d abord, force est de constater qu il n’a guère mieux sous la main à ce poste (et c’est d’ailleurs peut-être le seul échec de l’incroyable Mercato de cet été). Adrien Rabiot ? S’il peut jouer en sentinelle avec succès (lors du match aller face à Barcelone en Ligue des Champions l’an dernier), il a confié ne pas être un fervent admirateur de ce rôle. Marco Verratti ? Lui-même semble avoir conscience de ses limites, son jeu comportant une trop grande prise de risque. 
2-
 Ensuite parce qu’en 4-3-3, Motta peut davantage jouer à sa main et ménager ses efforts. 
3-
 Enfin et surtout parce que, quoi qu’en pensent les observateurs, ce joueur est un régulateur de jeu comme il en existe très peu dans le monde. Sa seule présence sur le terrain rassure son coach et ses coéquipiers. Combien de journalistes ont assuré qu’avec l’Italien au Camp Nou la saison dernière en Ligue des Champions (non, nous ne rappellerons pas le score),  la match aurait été géré différemment par les Rouges et Bleus. 

Conclusion : En 4-3-3, Thiago Motta, faute d’un concurrent sérieux, est indéboulonnable.

Mais qu’en est-il dans un schéma à 2 récupérateurs ? A première vue, la marche semble bien haute pour l’ancien joueur de l’Atletico Madrid. Jouer à 2 milieux nécessite évidemment plus d’efforts. Malgré son sens du placement, tenir ce rôle sur plusieurs matches apparait compliqué. En Ligue 1, cela pourrait ceci dit suffire face à des défenses regroupées comme contre Metz en ouverture de la 5ème journée (victoire 5-1).  En Ligue des champions en revanche, beaucoup moins. Et c’est là que la situation devient cocasse : comment imaginer Unai Emery aligner seulement deux milieux face aux grosses écuries ? Un duo Verratti/Rabiot ? Face à Anderlecht ou le Celtic Glasgow au Parc pourquoi pas ; Face au Bayern Munich, on en doute. Morale de l’histoire : sans concurrent sérieux à son poste, Thiago Motta, malgré son âge, devrait être une nouvelle fois incontournable cette saison.

G_Botton

Articles similaires