Si le double transfert MBappé-Fabinho au Paris Saint-Germain tarde à être officialisé, l’accord final avec l’AS Monaco n’en finit plus de durer. Le deal traîne car il y a un aspect politique derrière ce transfert complexe à réaliser. Actuellement sur son île basée à Chypre – où figure la compagnie qui détient l’ASM par le biais d’un trust – Dmitri Rybolovlev aurait notamment préféré que l’opération se fasse plus rapidement.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer et ce qu’il laisse entendre, c’est bel et bien le club monégasque qui souhaite vendre Kylian MBappé, en échange d’une somme vertigineuse qui devrait avoisiner les 180 millions d’euros, bonus compris. Si le club princier aurait préféré transférer son prodige au Real Madrid ou à Manchester City, il n’a finalement pas eu le choix du PSG, devant le choix de MBappé et sa volonté de ne pas prolonger son bail (il lui reste actuellement deux années de contrat, le jackpot pour Monaco ne pourra donc être touché que cette saison). Surtout, le club francilien est le seul enclin à verser le montant demandé par l’ASM. Pour Fabinho, l’affaire est à la fois similaire et différente puisque Monaco souhaitait garder absolument son milieu défensif, tenu en haute estime par Leonardo Jardim. Si le Brésilien avait mandaté un agent immobilier en juin pour trouver un appartement sur Paris, après avoir trouvé un accord contractuel avec le PSG (salaire entre 4,5M et 5M sur 5 ans), les dirigeants monégasques ont longtemps fermé la porte à double tour, et ce même si Vadim Vasilyev lui avait promis un bon de sortie en septembre dernier, lors de sa prolongation de contrat, « en cas de bonne proposition d’un club. »

Abramovitch à la rescousse

Alors que le sélectionneur brésilien, Tite, s’est mêlé de l’affaire et expliqué à Fabinho qu’il était préférable pour lui de jouer au PSG dans l’optique de la coupe du Monde 2018, Paris a donc maintenu le contact tout l’été avec l’ancien joueur du Real Madrid (comme avec MBappé), qui a haussé le ton ces dernières semaines après la venue de Neymar, et l’opportunité historique que cela pouvait représenter pour lui. Unai Emery et Antero Henrique, épatés par le niveau tactique et le caractère ultra professionnel du joueur, considèrent en privé qu’il s’agit du meilleur milieu défensif sur le marché. L’idée d’affaiblir Monaco n’a jamais été dans leurs intentions. Ils veulent tout simplement faire du Brésilien un pion essentiel pour remporter dans les prochaines années la Ligue des champions, et estiment qu’il sera plus aisé d’y parvenir avec Fabinho. Devant l’impasse menant à ces deux dossiers (MBappé et Fabinho) et la fermeté (même un peu surjouée) de l’ASM, le directeur sportif portugais a donc demandé à Pini Zahavi – très impliqué dans les transferts du PSG cet été – d’intervenir auprès de Dmitri Rybolovlev, via Roman Abramovitch. Ce dernier est très lié à l’Israélien, qui lui a permis d’acquérir Chelsea, et qui avait déjà failli lui permettre de racheter Manchester United quelques années auparavant. Même en froid dernièrement, les deux hommes sont parvenus à s’entendre même s’il a fallu convaincre le propriétaire du club londonien.

Alors que les clubs parisiens et monégasques niaient depuis 15 jours tout rapprochement, il en était autrement en privé. Le PSG avait même demandé aux médias français de démentir la rumeur d’une venue de MBappé sortie dans les journaux espagnols, mis au courant par…Florentino Pérez, battu sur le dossier de l’attaquant français. Monaco, de son côté, continuait de laisser sous-entendre qu’il ne voulait pas vendre au PSG, ce qui est en réalité du maquillage, nous pouvons vous le certifier, et ce même si les Russes n’étaient pas très favorables au départ pour négocier (il faut dire que les relations Russie-Qatar sont tendus). Au début de l’été, Paris avait même bloqué le transfert de Gaëtan Robail, un joueur évoluant en réserve, au Cercle de Bruges, club de deuxième division belge et dont Monaco est devenu actionnaire majoritaire. Les relations entre Monaco et le PSG n’ont jamais été mortes, mais elles sont devenues compliquées après le transfert dans la capitale de Layvin Kurzawa. En effet, Paris avait promis de prêter des jeunes à l’octuple champion de France (comme Kimpembe), et les dirigeants parisiens n’avaient pas tenu leur promesse. Le déplacement de Nasser Al-Khelaifi à Monaco, le 13 juillet, où il a diné avec Dmitri Rybolovlev, a permis un réchauffement des rapports entre les deux grandes puissances françaises.

Par ailleurs, et même si toutes les rumeurs circulent à ce sujet, le Paris Saint-Germain explique en privé ne pas craindre le Fair-Play Financier, et va lancer une vaste opération de communication au lendemain de la fin du marché des transferts. Le club parisien doit en revanche respecter ses obligations de vendre auprès de l’UEFA (avec qui ils sont en discussion), dans ces derniers jours ou cet hiver. Une (très) forte augmentation des recettes, notamment au niveau du sponsoring et du merchandising, est à prévoir côté parisien pour respecter les règles de l’instance européenne. En attendant que l’affaire se décante de manière définitive – ce qui pourrait être le cas dans ces prochaines heures -, Jorge Mendes – agent de Fabinho – était hier soir au Parc des Princes lors de la rencontre entre le PSG et l’AS Saint-Etienne. Même si sa relation avec Antero Henrique continue de ne pas être au beau fixe, après la volte-face de Pepe au Besiktas, le super-agent portugais est apparu très décontracté dans le carré de l’enceinte parisienne. Et il avait le sourire…

NB : Paris United ne détient pas le monopole des informations, et chacun doit bien comprendre que beaucoup d’éléments de ce dossier (comme d’autres) ne nous ont pas été portés à notre connaissance. D’autres points de ce double transfert non pas été évoqués alors qu’ils ont eu une influence notable (ex : le sponsor de l’ASM, Fedcominvest, est une société avec à sa tête Alexeï Fedorichev, un proche ami de Jorge Mendes etc).

La rédaction